Le tourisme woofing, comment ça marche ?Tourisme 

Le tourisme woofing, comment ça marche ?

Le tourisme woofing, ou plus précisémment WWOOfing (World Wide Opportunities on Organic Farms) est de plus en plus courant. Le phénomène trouve ses origines dans les années 70, en Angleterre. Le concept est simple : un voyage participatif dans le cadre d’un tourisme durable. Il s’agit donc de ne pas séjourner à l’hôtel, mais plutôt auprès de la population, dans une ferme. Gite et couverts sont offerts, contre un peu de temps du touriste pour participer aux travaux dans la ferme. Le touriste investit ainsi dans l’environnement, en prenant conscience de ce qu’il faut pour produire. L’idée est séduisante, mais pratiquement, comment ça marche ? Vous envisagez un voyage pas cher dans le cadre du woofing ? Cet article vous dit tout ce qu’il y a à savoir.

Explication simple du fonctionnement du woofing

En gros, il s’agit donc d’être hébergé dans une exploitation agricole ou fermière lors d’un voyage. On y échange de la main d’œuvre contre un lit et les repas au quotidien. Voici plus de détails.

Du côté de l’hôte

Les woofers sont les touristes qui voyagent dans le concept du woofing.  Les fermes et exploitations agricoles sont les hôtesses. Ils s’engagent à nourrir et à héberger les woofers chez eux et à leur apprendre les « ficelles du métier ». Les hôtes ne sont pas des patrons. Bien des gens ou institutions qui accueillent des touristes parce qu’ils ont besoin de plus de main et parce qu’ils veulent contribuer à un tourisme plus responsable. Il n’y a donc aucun lien de subordination ni de hiérarchie. L’hôte n’a aucun droit d’exiger une certaine rentabilité de la part des voyageurs. Par contre, il n’a pas non plus l’obligation d’offrir un traitement particulier aux woofers. Ces derniers viennent chez eux et doivent vivre à leur façon, tant sur ce qu’il y a à manger que la qualité des chambres à coucher.

Du côté du voyageur

Le voyageur est celui qui vient pour travailler, contre un hébergement et des repas. Les plateformes de woofing, qui mettent en relation ferme et touristes, n’acceptent généralement qu’une personne majeure, de 18 ans et plus. Aucune compétence spécifique n’est requise pour le woofer. Généralement, il effectuera des tâches manuelles qui ne requièrent aucune expertise. Il arrachera les mauvaises herbes, gardera le bétail, labourera la terre, etc. Ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres. Après quelque temps à la ferme, il pourra s’adonner à des tâches beaucoup plus complexes. Dans tous les cas, le woofer reste un touriste et son travail doit être limité dans le temps. Il doit avoir le temps de visiter la région et de faire du tourisme à proprement parler.

Les principes de bases de woofing

Il y a 3 grandes idées qui sont à l’origine du woofing : un tourisme durable, participatif et éducatif.

Tourisme responsable et durable

Le woofing met en avant le respect de l’environnement en éduquant le woofer sur les techniques agricoles. Il participe à la conscientisation sur les efforts requis derrière chaque fruit et légume. Il favorise également le développement local, en s’intéressant à la localité, au respect de la culture et de l’homme dans chaque localité où le woofer va se rendre. Le woofing est donc l’un des instruments du slow tourisme, plus responsable.

Partage autour des mêmes valeurs

Il n’y a pas d’argent qui circule entre l’hôte et le woofer. Le woofing, c’est plutôt la générosité de partager entre des personnes qui partagent les mêmes valeurs : la considération de l’humain et le respect de l’environnement.

Apprentissage et acquisition de connaissances

Enfin, le woofing c’est apprendre sur le terrain. Qu’il s’agisse de bain de langue, d’apprentissage du monde agricole en général, d’apprentissage d’un mode de production spécifique (permaculture, électroculture, aquaponie, …), l’hôte transmet un savoir-faire et un savoir-être au voyageur, qui est justement là pour apprendre.

Pourquoi et quand se tourner vers du tourisme woofing ?

Il est vrai que le tourisme woofing n’est pas fait pour tout le monde. Si vous voulez des vacances – repos et piscine en vue, ce n’est pas fait pour vous. Il en est de même si vous avez des exigences spécifiques en termes de chambres et de nourritures. Si vous n’avez qu’une semaine de congé, le woofing ne vous conviendra pas. Les contraintes horaires qui s’imposent ne vous permettront pas d’en profiter. Si vous n’avez pas la force de travailler (parce que vous êtes malade, par exemple), ce n’est pas fait pour vous. Donc, à qui se destine le tourisme woofing ? Il convient dans beaucoup de cas.

Pour voyager à moindre coût

L’étudiant qui s’offre une année sabbatique pour voyager un peu partout sans forcément en avoir les moyens, trouve son bonheur dans le woofing. Il n’y a plus de dépense d’hébergement, ni de nourriture. Additionné avec des vols low-costs, il est possible de voyager à l’autre bout du monde, de faire le tour du monde avec un budget plus que raisonnable. Généralement, le tourisme woofing est l’apanage de ceux qui voyagent pour une longue durée (plus d’un mois).

Pour apprendre

La personne qui désire investir dans l’agribusiness, l’étudiant en science ou tout simplement, la personne qui veut apprendre beaucoup de choses sur le terrain sont les personnes qu’il faut pour le woofing. On parle donc ici de tourisme éducatif.

Pour faire du réseautage

Vous voulez bâtir des liens lors de vos voyages ? Vous faire de vrais amis ? Le woofing est la bonne formule pour cela. Vous allez rencontrer les hôtes, la population locale qui vous recevra différemment grâce à l’introduction de vos hôtes, mais aussi les autres woofers, qui partagent votre mode de vie, vos valeurs et vos principes.

Pour agir pour la durabilité

Enfin, le tourisme woofing se destine à tous les défenseurs de l’environnement et tous ceux qui s’opposent à une surconsommation, pas toujours justifiée. Vous voulez voyager et en même temps protéger l’environnement ? Participez en faisant du tourisme woofing.

Comment choisir sa destination tourisme woofing ?

Le woofing est actuellement présent dans 138 pays – matérialisé par les plateformes (association woofing France, woofing Canada, …). Il y a également des plateformes indépendantes qui ne sont pas encore répertoriées. Si un pays s’est donné la peine de créer une plateforme, c’est que les offres de woofing sont diverses. Donc, comment choisir sa destination ? Dans un pays donné, comment choisir la bonne ferme et la bonne exploitation agricole pour vous ?

Une ferme inscrite sur les plateformes de tourisme woofing

D’abord, n’y allez pas à l’aveuglette pour être pleinement conscient de ce qui vous attend. Passez par l’intermédiaire des plateformes pour choisir votre ferme de destination woofing. Donc, choisissez parmi ceux qui y sont présents. Vous allez pouvoir discuter au préalable avec l’hôte, être aux faits des conditions, de leur mode de vie, de vos conditions horaires, etc. L’inscription sur les plateformes ne coûte qu’environ 25 euros.

Avis et retours des autres woofers

Avant de déterminer votre destination tourisme woofing, renseignez-vous un peu sur l’expérience de ceux qui vous ont précédé. Les avis sur la plateforme sont justement là pour cela. Il y a aussi les blogs spécialisés en woofing ou les chaînes Youtube de woofers.

Formalités administratives pour un tourisme woofing

Dans certains pays, le woofing est considéré comme un travail – et le visa touriste simple ne passera donc pas. Choisissez votre destination en fonction des formalités administratives requises et que vous êtes prêtes à faire. Par exemple, en Australie, il faudra un visa PVT. Dans d’autres pays, le volontariat n’est pas réglementé et le vide vous offre la possibilité d’utiliser uniquement le visa touriste.

Type d’activités proposées par la ferme ouvert au tourisme woofing

Choisissez également votre destination en fonction de ce que vous voulez apprendre. Vous voulez maîtriser la riziculture ? Rien de mieux que les pays asiatiques dans ce cas. Vous voulez tout connaître sur le cacao ? La Côte d’Ivoire et le Togo conviendront. Pour la vanille, ce sera Madagascar. Si vous voulez juste vivre une expérience dans une ferme, il y a certainement une destination woofing France, tout près de chez vous.

Conditions d’hébergement

Dans les conditions d’hébergement, il y a tout ce à quoi vous souscrivez en choisissant un endroit en particulier :

  • horaires de travail,
  • type d’alimentation des hôtes (est-ce qu’ils sont végans, par exemple),
  • durée durant laquelle ils peuvent vous accueillir,
  • nombre de personnes qu’ils peuvent accueillir (si vous voyagez à trois, ce ne sont pas toutes les fermes qui peuvent se le permettre)
  • exigence d’une assurance (certains hôtes l’exigent, pour se prémunir contre vos éventuels soucis de santé, par exemple),
  • etc.

Choisissez donc votre destination tourisme woofing en fonction de ces conditions.

Fluidité du contact avec les hôtes

Le woofing se base avant tout sur la relation humaine. Dès les premiers contacts en ligne, vous saurez donc à quel genre de personne vous aurez à faire. Aussi, pour choisir votre destination woofing, considérez aussi la fluidité du contact. Vous allez vivre avec vos hôtes, autant le faire avec une personne avec laquelle vous saurez vous entendre.

Notre top 5 des destinations pour du tourisme woofing

Ceci étant dit, nous avons nos préférences pour les destinations de tourisme woofing. Voici les 5 premiers que nous vous conseillons.

L’Océanie : tourisme woofing pour un voyage moins cher

La Polynésie Française, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, Bornéo sont autant de destinations paradisiaques qui coûtent vraiment chères. Voilà pourquoi, on s’y verrait bien en tourisme woofing. Il sera possible de profiter du petit paradis qu’ils offrent, à moindre coût. En hiver ou en été (période de récolte), il y aura toujours quelque chose à faire.

L’Afrique du Sud : pour une richesse culturelle

L’Afrique du Sud est une destination woofing récente (depuis 2012). Mais déjà, elle s’est bâti une certaine réputation. Le mix culturel offert ainsi que la multiplicité des plantations agricoles qui s’y trouvent vous offre un large choix. En arrivant, vous devrez avoir l’autorisation de la police la plus proche, pour pouvoir faire du woofing. Sinon, nous vous conseillons les destinations loin de la capitale et des mégapoles pour vous immerger complètement dans l’Afrique du Sud authentique et dans le woofing, par excellence.

L’Amazonie : faune, flore et woofing

Quoi de mieux que de découvrir l’un des endroits qui est encore vraiment sauvage dans le monde, avec la population locale ? Les endroits touristiques de l’Amazonie n’offrent pas vraiment le meilleur de cette destination. Avec le woofing, on peut découvrir davantage de faune et de flore – tout en ayant pleinement connaissance des caps à ne pas franchir.

La Hongrie ou la Bulgarie : des destinations inhabituelles

Si la Croatie est une destination d’Europe de l’Est fréquente, la Hongrie et la Bulgarie le sont moins. Pourtant, ces pays ont beaucoup à offrir, au niveau historique, culturel, gastronomique et architectural. Parce que ce ne sont pas encore des destinations touristiques de premier ordre, il est donc préférable d’y aller en mode woofing et de prendre contact avec les Hongrois et Bulgares qui sont vraiment très accueillants.

La France : une destination tourisme woofing de proximité

Saviez-vous qu’il y avait plusieurs centaines de destination woofing en France ? Que 81 % des woofers étaient européens, dont 60 % de Français ? Notre pays est donc l’un des ouverts aux woofings. Pour découvrir la Bretagne ou les Pays Basques autrement, participez à woofing France. Pour une première expérience dans le cadre d’un woofing, nous vous conseillons également de rester chez nous.

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