Les roseaux peuvent capturer le carbone : le saviez-vous ?

Nous savions déjà que les tourbières étaient des plantes ayant pour principale vertu d’emprisonner le CO2. Mais ils n’ont pas l’exclusivité de cette fonction, salvatrice pour l’environnement. Les roseaux peuvent capturer le carbone autant que les tourbières, à moindre échelle, mais tout aussi efficacement. Ce n’est pas aussi saugrenu que d’utiliser les cheveux pour nettoyer les océans, mais ça marche. Pourquoi capturer le carbone, comment et quels sont les conséquences pour nous ? Nous vous disons tout sur dans cet article.

Les roseaux : un puits de carbone

Le terme « puits de carbone » est le terme scientifiquement consacré pour les zones qui amassent et séquestrent le carbone afin de ne pas le relâcher dans l’atmosphère. Il faut faire la distinction entre les puits de carbone naturels et ceux qui sont artificiels. Dans le lot des puits naturels, nous retrouvons les tourbières, les forêts et l’océan. Les roseaux appartiennent plus ou moins à deux mondes, entre les forêts et les surfaces aquatiques.

Pratiquement, ces puits absorbent le carbone contenu dans l’air et dans le sol, au travers de ces parties qui pratiquent la photosynthèse. Il s’agit des feuilles pour les forêts et les autres végétations, des coraux dans l’océan ou des feuilles aux racines, pour les tourbières. Remarquons que ces dernières retiennent 75 % du CO2 dans l’atmosphère et 30 % de ceux qui sont contenus dans le sol.

Comment les roseaux peuvent capturer le carbone ?

Comme toute autre plante, les roseaux peuvent capturer le carbone au moyen de la photosynthèse. Les roseaux sont des plantes des sols humides, qu’ils croissent près d’une surface aqueuse (rivière, lac, ou autres) ou non. Ils sont souvent de grande taille, pouvant atteindre jusqu’à 3 m de long. De par cette taille et ce milieu, le nombre de feuilles aptes à faire de la photosynthèse est grand. C’est pour cela que quelques mètres carrés de roseaux sont donc des espaces de piégeage du carbone.

De plus, les roseaux appartiennent à la famille des macrophytes. Il s’agit d’un ensemble de plantes aquatiques d’eau douce que l’on peut voir à l’œil nu qui font également office d’épurateur de leur milieu. Ils produisent ainsi beaucoup d’oxygène et retiennent du gaz carbonique en compensation.

Quelles conséquences pour nous ?

La conséquence principale est évidente : l’air est plus pur. En effet, un taux élevé d’oxygène est relâché dans l’atmosphère contre moins de gaz carbonique. Globalement, les roseaux contribuent donc à réduire l’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Nous savons que le gaz à effet de serre est à l’origine de la destruction de la couche d’ozone et du réchauffement climatique. Les roseaux contribuent donc également au maintien d’un climat clément et à un changement de saison régulier. À plus petite proportion que des hectares de forêt ou une surface de tourbières, planter des roseaux ou ne pas les détruire est donc un geste de protection de l’environnement. Il vaut tout aussi bien le fait de choisir des briques muraux au lieu des briques traditionnels.

Les roseaux peuvent capturer le carbone et avoir d’autres bienfaits pour l’environnement

Oui, les roseaux peuvent capturer le carbone contenu principalement dans l’air. Mais ses qualités sont loin de se limiter à ce seul fait. En effet, le roseau est également un bio-indicateur de l’état de santé de tout l’environnement qui l’entoure. Un roseau en bonne santé est le signe d’un équilibre chimique de l’eau, auquel, notons-le, il contribue aussi. Si le roseau flétri rapidement ou cesse toute croissance, vous saurez que quelque chose ne va pas, qu’un élément chimique est en train de couler avec l’eau ou en train de détruire le sol.

De plus, le roseau est la plante favori des stations d’épuration, justement parce qu’il permet de filtrer l’eau. Il la maintient à un pH entre 7 et 8 (légèrement alcalin), absorbe et crée des matières organiques pour un développement propice de tous les autres végétaux qui poussent autour de lui.

(Source : Rapport d’Étude de la qualité des roseaux issus des stations d’épuration avec filtres plantés).

Enfin, les roseaux peuvent capturer le carbone et par là-même croître. Une fois qu’ils sont suffisamment grands, une surface de roseaux est un habitat naturel de bien des animaux. Ils contribuent donc également à la préservation de certaines espèces. Par exemple, les roseaux sont l’habitat naturel de certains Lémuriens de Madagascar, vivant dans l’est de la Grande-île.

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