La gemmothérapie de A à Z
La naturopathie a de plus en plus de succès de nos jours. Il s’agit de trouver un remède à une maladie ou à mal-être en utilisant les propriétés propres aux végétaux. La gemmothérapie est une partie de la naturopathie, ou plus spécifiquement, de la phytothérapie. Vous souhaitez recourir à cette technique de médecine complémentaire ou on vous le conseille et vous ne savez pas trop quoi en penser. Qu’est-ce que c’est véritablement, d’où vient-elle, est-elle efficace, pouvez-vous l’utiliser ? Nous répondons à toutes ces questions sur la gemmothérapie dans cet article.
Définition et origine
Commençons par les bases, c’est-à-dire l’explication de cette technique médicinale ainsi que son historique.
Qu’est-ce que la gemmothérapie ?
La gemmothérapie est une technique curative qui utilise les tissus embryonnaires d’un végétal et non les plantes médicinales dans son intégralité. Il s’agit donc de prélever les principes actifs du végétal, dès son stade embryonnaire : bourgeons, radicelles ou encore, jeunes pousses. Pourquoi ? Parce que certains courants de pensée estiment que les bourgeons disposent de toute la force d’une plante. Les radicelles présentent en même temps les propriétés de la racine, de la feuille ou de la fleur, qui n’attendent plus qu’à se développer. Ces composés actifs sont au summum de leur concentration, et donc, de leur efficacité à ce stade.
Pour cela, le naturopathe macère les bourgeons dans de l’eau, de l’alcool et de la glycérine, pour en obtenir le macérat. L’ensemble dissout les molécules d’une plante et les stabilise (glucosides, hétérosides, vitamines, acides, sel minéraux, …). Le macérat de bourgeons est ensuite mis dans un flacon, pour être consommé goutte par goutte. La posologie habituelle est de 5 à 15 g par jour. Cependant, même si les pratiques d’herboristerie sont moyennement dangereuses, la gemmothérapie ne se pratique pas sans consultation. Avant d’utiliser la gemmothérapie, consultez un spécialiste, un phytothérapeute, un homéopathe, un naturopathe, ou un herboriste.
D’où vient-elle ?
Comme l’utilisation des minéraux contenus dans une pierre précieuse pour soigner certaines maladies, la gemmothérapie est un héritage du Moyen-Âge. Les alchimistes de l’époque l’ont développé pour booster l’énergie vitale et agir en thérapie contre les problèmes du quotidien. Elle soignait le trouble du sommeil, la fatigue, l’anxiété.
Sa théorisation scientifique est récente. Elle remonte à 1960, avec le Dr. Pol Henry. Le polonais en a fait une discipline de science de recherche à part entière, avec la découverte des cellules embryonnaires végétales.
Depuis, plusieurs scientifiques se sont penchés sur le sujet et l’ont affiné. Néanmoins, la gemmothérapie n’a fait l’objet d’aucune publication officielle dans le monde scientifique, jusqu’à ce jour. Elle reste donc une médecine alternative.
Utilisation et efficacité
Peut-on se fier à la gemmothérapie pour se soigner ? Oui et non. Elle est couramment utilisée, même dans le milieu médical. Toutefois, aucune véritable réponse scientifique ne vient confirmer ses véritables vertus curatives.
L’efficacité de la gemmothérapie est-elle prouvée ?
Comme nous l’avons précédemment expliqué, aucune science ne prouve son efficacité. Comme la phytothérapie et les autres médecines naturelles, les bienfaits sont réels. Cependant, l’affirmation que ces plantes et ses arbustes à eux seuls guérissent vraiment, reste sujette à discussion.
C’est pourquoi il est généralement conseiller de recourir à la gemmothérapie pour une affection moyenne et un trouble du quotidien. A partir du moment où votre maladie atteint un stade plus avancé, consultez un médecin.
Ceci d’autant plus que la super-efficacité des bourgeons, censés contenir tout le potentiel de développement d’une plante, est relative. Dans certains cas, les propriétés des végétaux ne naissent qu’une fois la plante développée. Il en est ainsi avec le framboisier. Les framboises ne contiennent son plein potentiel de vitamines C qu’à pleine maturation. Au contraire, le bourgeon de tilleul ou le bourgeon de bouleau, est couramment utilisé en gemmothérapie.
Enfin, le bourgeon n’est bon à exploiter que lorsqu’elle naît d’une agriculture biologique. L’ajout de produits chimiques lors de sa production altère ses propriétés. Assurez-vous donc des pratiques biologiques du producteur ou de l’enseigne d’herboristerie à laquelle vous avez recours.
Comment est-elle majoritairement utilisée aujourd’hui ?
Ceci étant dit, il y a au moins 5 domaines dans lesquels la gemmothérapie est utilisée, y compris par les médecins (souvent en thérapie complémentaire).
- Pour traiter les problèmes liés à la circulation du sang et aux troubles cardiovasculaires. Par exemple, un macérat de bourgeons de gui permettrait de réduire le taux de cholestérol. Le macérat de tilleul agirait comme anticoagulant. Les bourgeons d’aubépine, quant à elle, aident à réduire les palpitations.
- Pour soigner les troubles arthriques. Combinez le bouleau, le gui et le pin dans un seul macérat et vous obtiendrez un anti-inflammatoire puissant.
- Comme détoxifiant : l’amandier, le tilleul ou les bourgeons de romarin permet de diminuer le taux d’acide urique dans le sang. Le macérat de bourgeon de cassis, quant à lui, aide au drainage du foie.
- Pour soigner les troubles du sommeil : le bourgeon de figuier agit directement sur le système endocrinien et aide son utilisateur à trouver le sommeil. Le thym est un calmant.
- Pour booster l’énergie vitale et revigorer la santé : on utilise le plus souvent le macérat de vigne ou de romarin.
Y-a-t-il des contre-indications à la gemmothérapie ?
Oui. Le macérat – base de la gemmothérapie, est aussi concentrée qu’une huile essentielle. A cet effet, elle s’utilise avec au moins, autant de précautions. Elle est notamment déconseillée aux femmes enceintes et aux enfants de bas-âge. Il faut aussi vérifier qu’elle n’ait aucune interaction avec un traitement médical que vous prenez. Consultez toujours avant de consommer. Dans certains cas, votre corps ne supporte pas le macérat. L’homéopathe ou le phytothérapeute vous donnera donc une forme plus diluée du macérat, la forme 1D. Dans ce cas, le macérat est dilué dans de l’eau, pour être 10 fois moins concentré.

